10 – PRESSE & LITTÉRATURE

Le créateur du Mondial Rabelais du saucisson
décoré de la Médaille d’Argent du Tourisme
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HEBDO ARDECHE Mondial Rabelais

 

 

EDITION RABELAISIENNE

« GROSSIR SANS PEINE ET SANS RÉGIME »,   de Jean-Victor Joubert.
DÉDICACE LE 10 JUIN A VANOSC, AU MONDIAL RABELAIS DU SAUCISSON

Co-fondateur du mouvement RESICARN (*) et journaliste-écrivain rabelaisien à la délicatesse relative mais parfois subtile, l’académicien Jean-Victor Joubert de M. dédicacera son dernier ouvrage le 10 juin à Vanosc (Ardèche), dans le cadre du Mondial Rabelais du Saucisson.
Sous le titre « Grossir sans peine et sans régime » se cache un hymne à la rotondité dans lequel l’auteur, reprenant les recettes anciennes qui ont fait sa célébrité, dit vouloir « lever l’étendard des mangeurs et faire œuvre civilisationnelle » !
Le livre se termine avec la très rabelaisienne ode au cochon et au sain(t) saucisson, propre a affoler tous les végans de la terre mais qui amusera ceux qu’un brin de gaillardise…ragaillardit. Quelques exemplaires seront en vente à la foire aux saucissons et produits des terroirs  (http://www.vanosc-mondialdusaucisson.fr) et l’auteur les dédicacera aux jurés, aux concurrents et au public.
(*) Résistance carnivore.

 

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A- PRESSE

QUAND LES CHAINES SE DÉCHAÎNENT

Depuis fin juillet 2017, plusieurs chaînes de TV, de France et d’Europe, se bousculent au portillon car elles souhaitent évoquer le Mondial Rabelais du Saucisson, ce qui est fort sympathique et apprécié à sa juste mesure par l’Académie A3S.
La plupart des producteurs ou réalisateurs ont toutefois tendance à oublier qu’ils ont affaire à des journalistes préhistoriques, indépendants, libres, bénévoles et un tantinet farceurs, même si leur initiative est extrêmement sérieuse et s’inscrit dans la « civilisation du saucisson », qui est une réalité à découvrir, avec sérieux!

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Affaires de famille.                                                                  ILS SONT MALINS, LES AMIS JOURNALISTES!
Sachant que les opérations de dégustation – pour d’évidentes raisons – seront interdites au public (qui pourra les suivre sur écran géant), quelques journalistes se font passer pour des candidats jurés afin de pouvoir pénétrer dans le « sein des saints ». C’est de bonne guerre et ils font leur métier.
Et puis, il y a les « boites de prod » qui se font passer pour la chaîne TV à laquelle ils veulent proposer et vendre un reportage « clé en mains », en bons commerçants.
Ce qui n’enlève rien à leur professionnalisme.
Tous seront reçus à Vanosc en grande convivialité ardéchoise et en bonne confraternité par les académiciens…
…tous (très) anciens journalistes!

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PARTENAIRE IMAGE & SON                                   CONTACT  JOURNALISTES DE MAI A JUILLET 2018
Justine Bonnery
justine.bonnery@gmail.com
06 19 63 31 35                                                                       http://www.lapopoteapepe.com

« Les images au goût de terroir »

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♥♥♥   Les premiers à y croire: l’Hebdo de l’Ardèche, avec France Bleu Drôme Ardèche.

Ce n’est pas d’une exactitude absolue, mais l’info circule!
Des candidatures arrivent de l’outremer, d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Suisse, de Belgique, des Amériques, de Roumanie, d’Australie etc.


 

QUESTION DE BON GOÛT

Sur les réseaux sociaux et dans quelques médias circulent évidemment les élucubrations qui font la loi du genre, leurs auteurs étant très souvent farceurs et plein d’humour, parfois même admiratifs, quelquefois malveillants et l’Académie ne pouvait pas échapper aux questions d’esprits tordus évoquant l’aspect « confessionnel » de certains saucissons. La réponse du Recteur est très simple:          « sont normalement présentés au concours, dans les catégories 4 et 5,  des saucissons kasher, hallal ou autres. Ils sont, comme tous les autres, soumis de façon non reconnaissable aux jurés qui ne classent qu’en fonction de la qualité et du Goût ».
                                                            Car il s’agit de « tirer vers le haut » producteurs et consommateurs.

 

PRESSE A PART Voir page 15, « Le Démocrate de l’Aisne », hebdomadaire départemental phénomène.

 

 

B – LITTÉRATURE

« Ton verrat ce n’est pas un homme ! »

 

Armand a terminé de remballer ses produits. Il a fini sa journée et il est crevé. Cinq jours sans relâche, du monde partout, du bruit, beaucoup de bruit, et la pression permanente de ses surveillants. À aucun moment il n’a pu leur échapper. Dès qu’il franchit le pas de sa minable chambre d’hôtel, ils sont là. Un véritable cauchemar…

– Armand, il faut que nous te félicitions ! Le succès du salon a dépassé nos attentes. Tu as su vanter avec ferveur la qualité des produits. Tu leur as donné une forte visibilité. Tu ne nous as pas déçus. Pourtant, je dois bien t’avouer que ta sélection n’a pas fait l’unanimité. Mais, moi, vois-tu, je croyais en toi et j’ai bien fait !

Armand n’esquisse même pas un sourire. Il n’est pas flatté. Il voudrait juste fermer les yeux et se réveiller seul, chez lui, dans sa chambre. Il voudrait que cette folie cesse.

Raymond, celui qui lui a parlé, se tourne vers ses trois compagnons. Il faut qu’ils discutent sérieusement. Leur plan naissant semble fonctionner mais il faut qu’ils restent concentrés sur leur objectif. S’ils se trouvent aujourd’hui au Salon gastronomique de Lyon, ce n’est pas par hasard. Cela fait des semaines qu’ils se préparent.

Raymond et Alice, et leurs amis de toujours, Yves et Marceline, sont deux couples de cochons. Quatre individus qui vivent dans une ferme bio en Ardèche. Certes, ils vivent en plein air, ils sont bien nourris, bien logés et bien traités, mais ce sont tout de même des porcs d’élevage. Or, dans leur ferme, on ne se contente pas d’engraisser, on parle, on discute, on réfléchit en toute liberté et… on milite. Dès leur plus jeune âge, ils ont donc rejoint les rangs de l’ACVP, Association Contre la Viande de Porc, un mouvement modéré qui ne lutte pas pour l’arrêt complet de la consommation de viande chez les êtres humains. Ils ne sont pas fous. Eux-mêmes souffriraient beaucoup s’ils devaient s’en tenir aux céréales et au végétaux. Non, il s’agit simplement de tourner les projecteurs vers les autres. La charcuterie par-ci, les cochonnailles par-là, les pâtés, les jambons, les saucisses et tout le tralala, ça commence à bien faire. Il est temps qu’on oublie un peu les cochons et qu’on aille enquiquiner d’autres espèces.

Ils travaillent donc à promouvoir d’autres viandes, en particulier dans le domaine de la charcuterie. Toutefois, hormis chez quelques populations très ciblées, notamment les musulmans et les juifs, les alternatives au porc ont du mal à percer. Il leur faut agir. Il leur faut améliorer et intensifier leur communication.

C’est Raymond qui a eu l’idée. Il a entendu parler d’une ferme d’autruches proche de la faillite, dans la Drôme. Un membre de l’ACVP y a été mandé pour tester la qualité de la viande qui s’est révélée excellente. Le stock a donc été rapatrié chez eux, en Ardèche, où ils se sont attelés à confectionner des produits de qualité, se concentrant tout particulièrement sur le saucisson. Dans leur ferme expérimentale, ils disposent de locaux qu’ils peuvent utiliser à leur guise. Ils les ont mis à profit pour installer une usine de fabrication de charcuterie « 100 % hors porc ». Mais ils ont également créé une école dans laquelle les porcelets apprennent à lire et à écrire. En effet, s’il est utile de parler l’humain, cela ne suffit pas pour obtenir la crédibilité nécessaire à des échanges équilibrés.

Les êtres humains sont arrogants. On ne peut pas leur en vouloir, ce sont les maîtres. Ce sont eux qui mènent la danse. Leur prouver qu’on peut échanger selon leurs termes ne leur suffit pas. Ils refusent catégoriquement d’établir des relations d’égal à égal avec toute autre espèce. Cela fait bien longtemps que les cochons n’essaient plus de les convaincre. Alors, lorsqu’ils ont besoin d’interagir directement, ils trouvent un cobaye. Pour cette mission, ils ont choisi Armand.

Raymond a pensé à présenter leur nouveau saucisson d’autruche à la première édition du Salon gastronomique de Lyon qui se tient en ce mois de décembre. Un nouveau rendez-vous dans une ville proche, renommée pour son attrait pour la bonne chère, c’était l’occasion parfaite. Il peut être fier car les faits lui ont donné raison. Leur saucisson a fait fureur. Ils sont prêts !

Les quatre cochons fêtent leur réussite en de grandes embrassades. Pas question pour eux de sabler le champagne, l’alcool ne leur réussit pas… Ils n’ont pas besoin de ça pour être de bonne humeur. Leur mission semble en bonne voie. C’est là qu’Armand intervient.

– C’est bon, vous êtes contents, vous avez vendu vos saucissons. Je peux rentrer chez moi maintenant ?

– Pas tout de suite, Armand, lui répond Marceline. Nous avons encore besoin de toi.

– Mais pourquoi ? Vous ne m’aviez pas dit qu’à la fin du salon, je pouvais partir ?

– Non. On t’a dit qu’à la fin du salon, on aviserait. Or, on vient d’aviser et tu restes.

– C’est dégueulasse. Vous avez pas le droit ! Je veux rentrer chez moi !

– Tu es pressé, Armand ? Tu veux rentrer chez toi ? Tu as des choses importantes à faire ? Si tu veux, je te rappelle où on t’a trouvé. Tu veux ?

Armand ne répond pas.

– Tu ne te souviens pas ? Tu étais dans ta voiture, devant l’usine de Julien Bilou. Tu pleurais. Tu étais au bord du désespoir. Ça te revient ? Même chez eux, on ne voulait plus de toi. Même pas pour passer le balai. Quand on t’a proposé le job, tu as sauté sur l’occasion.

– Une fois qu’on l’a ranimé, Raymond, sois honnête. Il n’a pas dit oui tout de suite. Il a commencé par perdre connaissance, interrompt Alice.

-Oui, c’est vrai, tu as raison, mais c’est un détail. C’est normal qu’un être humain réagisse comme ça face à un cochon qui parle, répond Raymond agacé. Bref. On t’a offert un boulot, Armand, et ça, pour toi, c’est une aubaine. Alors, tu ne fais pas la fine bouche et tu continues à nous accompagner encore quelques temps. On te loge, on te nourrit et on te rémunère même un peu. On n’est pas obligés, tu sais ? On aurait pu te kidnapper et te forcer à travailler pour nous. C’était facile. Ça se fait même souvent chez vous. Mais on n’est pas comme ça, nous. On a des principes.

– Je ne comprends pas ce qui ne va pas, Armand, ajoute Yves. On s’entend bien. Pourquoi tu veux nous quitter si vite ? Tu restes encore quelques semaines, c’est tout. Tu verras, si ça se trouve, c’est toi qui ne voudras plus nous quitter.

– Je dois faire quoi encore ? Le salon est fini. Tout le stock a été vendu. Qu’est-ce que vous avez en tête ?

– Le temps est peut-être venu de te mettre au courant, répond Raymond d’un air grave. Le salon de Lyon n’était qu’un galop d’essai. Notre saucisson d’autruche était certes prometteur mais il nous fallait le mettre en concurrence et tester son accueil chez des humains un peu plus experts que le commun des mortels. Toi-même, qui l’avais goûté, tu nous avais dit qu’il était bon. C’est comme ça que tu l’as décrit : « Il est bon ». Tu imagines bien que nous avions besoin d’un avis un peu plus évolué, plus subtil. Bref, nous l’avons à présent, cet avis, et nous en sommes satisfaits. Nous allons donc passer à l’étape suivante de la mission, car l’objectif visé, dès le départ, n’était pas ce petit salon lyonnais de rien du tout. Nous avons de l’ambition. Notre but, c’est de participer au Mondial du saucisson ! Car le Mondial, Armand, ce n’est pas juste un concours parmi d’autres, c’est LE concours ! Et si on peut s’y faire reconnaître, si on peut se distinguer, notre cause fera une splendide avancée. Préparons-nous donc pour le mois de juin. À nous, Vanosc !

– À nous, Vanosc ! reprennent les trois cochons enthousiastes.

– Dites, je veux pas vous faire de peine mais vous croyez qu’on va vous recevoir, au Mondial, avec votre saucisson d’autruche ? interroge Armand avec hésitation.

– Ce n’est pas nous mais toi qu’on va accueillir. Et d’une. Et de deux, si tu te renseignais un peu, si tu naviguais sur le net et que tu t’informais au lieu de passer tes journées sur les jeux de ton téléphone, tu aurais lu le blog du mondial et, surtout, tu aurais lu la section 19 : « Pur porc, mais pas que ! » Notre ambition, mon petit Armand, c’est de faire de notre autruche, le nouvel emblème de la charcuterie française. Que dis-je, de la charcuterie française, de la charcuterie mondiale ! hurle Raymond enflammé par la perspective.

– Raymond est un peu optimiste, intervient Alice, mais il a bien décrit nos intentions. Ainsi, nous souhaiterions poursuivre notre collaboration jusqu’au dimanche 10 juin. Tu comprends qu’il nous faut, comme pour le salon, un partenaire humain. Nous ne pouvons pas nous présenter directement au mondial. Les cochons ne sont pas acceptés. Et puis, on nous reprocherait certainement notre partialité.

– Et on aurait raison, grommelle Yves. Vous ne lui avez pas tout dit. Si le mondial est un fiasco, nous prévoyons de déployer d’autres armes. Par exemple, jeter le discrédit sur la viande de porc, monter une gigantesque rumeur sur une épidémie porcine mortelle pour les humains. On n’est pas très présentables mais on touche notre bille en informatique… Les fake, les hoax, les buzz, les réseaux sociaux, on connaît.

– C’est bon, Yves, c’est bon. On n’a pas besoin de convaincre Armand. On ne veut pas qu’il rejoigne nos rangs, on veut juste lui expliquer pourquoi on le garde à nos côtés quelques semaines de plus.

 

Ils ont un peu raison, ces cochons. C’est certain que c’est bizarre de passer ses journées avec des cochons qui parlent. Ça le déstabilise encore un peu ; il ne parvient pas à s’y habituer. Mais c’est pas comme si des tâches importantes l’attendaient chez lui. Depuis peu, après plusieurs années de chômage, il est reparti vivre chez ses parents. Quand il a rencontré les quatre cochons, c’est vrai, il venait d’essuyer un ultime refus chez Julien Bilou, une usine où il avait trimé pendant plusieurs missions d’intérim pour un salaire de misère. Et il n’avait même pas le droit de ramener des produits à la maison, même pas les ratés. Ce n’était pourtant pas du caviar, ce qui sortait des machines. La seule fois où il a réussi à voler des saucissons, c’est la faim qui l’a forcé à terminer l’immonde charcuterie qui ne ressemblait à rien de comestible. Ce jour-là, il fallait qu’il rentre chez ses parents, qu’il leur annonce qu’il n’avait pas trouvé de travail, qu’il affronte le regard désolé de sa mère et la colère silencieuse de son père.

Alors pourquoi leur en veut-il ? Ils l’ont tiré d’un mauvais pas. Ils le traitent bien. Ils le nourrissent bien. Il doit même avouer qu’il commence un peu à s’attacher à eux. Au fond, il les aime bien. Ils sont sympas, ces cochons.

-Ben, Armand, on dirait que tu souris ? Tu as changé d’avis ? Tu boudes plus et tu veux bien nous accompagner à Vanosc sans qu’on te gronde ?

– Je vous l’avais dit que c’était un brave garçon. Allez, les amis, mettons-nous à table avant de reprendre la route. Armand, viens avec nous. Viens goûter ce pâté d’autruche. Tu m’en diras des nouvelles.

Armand se redresse, les regarde en souriant et, le poing levé, il s’écrie joyeusement : « À nous, Vanosc ! »

– À nous, Vanosc ! répondent les quatre cochons en cœur.

Claude