02 – A L’ORIGINE, UN MATIN A RUNGIS…

***  Un jour de Juin 1982 au Marché de Rungis, vers 4 ou 5  heures du matin, autour de quelques pommes boulangères, d’un Saint-Joseph blanc de Pierre Gonon, d’un rouge « Plan de dieu » de la cave de Sérignan-du-Comtat, d’une tranche de pain Poilâne et de fines rondelles de saucisson de France, d’Italie et d’Espagne…

Claude Le Délas, qui vient de faire les honneurs de son prestigieux établissement et d’une partie des halles à ses cousins Jean-Paul Rousseau et René-Louis Thomas, lance, presque en blaguant: « il faudrait imaginer un concours mondial des saucissons, avec des médailles, comme pour les grands vins! »

Rousseau est dans le commerce du vin et Thomas est un ancien journaliste, reconverti dans l’événementiel…et Ardéchois.
Il ne lui aura fallu que 35 ans pour devenir Recteur de l’Académie du Saucisson et concevoir le premier concours international des meilleurs saucissons, évidemment dédié à celui qui en eut l’idée.

Ainsi est né le MONDIAL RABELAIS DU SAUCISSON « Souvenir Claude Le Delas ».

C’est donc dès 1982 que Claude Le Délas, imaginant un tel concours, en avait glissé l’idée à son cousin René-Louis Thomas. En 2016, cet ancien journaliste a réuni trois confrères retraités et ils ont créé l’Académie du Saucisson, qui a lancé le MONDIAL RABELAIS DU SAUCISSON.

A Rungis, le « Trophée cycliste Claude Le Délas » perpétue aujourd’hui la mémoire d’une personnalité exceptionnelle, estimée et respectée, du célèbre Marché, tandis qu’en Ardèche, le MONDIAL RABELAIS DU SAUCISSON rend hommage à son initiateur.

 

UNE AFFAIRE DE FAMILLE, DE VOISINS…ET D’EXPERTS
De nombreux curieux, y compris dans les milieux de la charcuterie, de la presse et de la communication, ont pensé qu’il y avait, derrière l’Académie du Saucisson et son concours international, un groupement professionnel, un lobby actif, une entreprise d’événementiel ou une puissante association. Il s’agit en fait d’une simple histoire de famille, de voisins, d’experts et d’amitié.
D’abord, la famille de René-Louis Thomas, son fils Igor (embosseur amateur avec ses beaux-frères, la « tribu Corbet »), sa fille Karine, connue pour sa capacité à déguster (et à critiquer) et son épouse Mimi, qui supporte les « élucubrations » de son mari depuis plus d’un demi-siècle.
René-Louis, qui a cessé d’embosser, avait un voisin charcutier, Jérôme Comte, acceptant de lui confectionner des « saucissons prototypes », ainsi qu’un autre voisin, Philippe Rebergue, informaticien de génie,  familier de la toile…et embosseur amateur, qui lui a apporté la preuve que son idée d’un concours international des meilleurs saucissons n’avait pas d’équivalent. Avec Jean-Victor Joubert, chantre du boyau gras et épicurien de très haute volée, puis Yvain Bornibus, créateur du costume, l’Académie était née!
A partir de là, tout s’est fait naturellement, entre voisins: Lucien Peyrot, pour la grande tradition charcutière familiale, Christophe Guèze, pour l’éclairage professionnel, la GAEC des Carmes, la famille Lafumat, Joëlle Malsert, Régis Marcon, pour le prestige international et la défense des terroirs, Bernard Delaye, pour l’exemple, Philippe Comte, pour la logistique,  sans oublier les experts de l’INRA et leurs collègues étrangers, dont les travaux recoupent la vocation de l’Académie: mettre en avant les producteurs qui respectent les consommateurs. Afin d’éclairer ces derniers, de défendre le Goût et de cultiver la convivialité chère à Rabelais.

 


LA QUALITÉ EN HÉRITAGE
« Mon père, originaire de Carhaix, était charcutier de métier », rappelait souvent Claude Le Délas. En effet, Emile Le Délas, fidèle à ses premières amours, vendra essentiellement des produits de la salaison (in ARMOR MAGAZINE). Claude, quant à lui « sait reconnaître un cochon qui a un bon gras. Il sait faire la différence entre deux pâtés ou deux jambons. Il sait avec quels cochons ont fait les meilleurs saucissons secs. Il choisit ses fournisseurs en fonction, précisément, de leur matière première….En fait, Claude le Délas s’est lancé dans une véritable reconquête de la qualité gustative. Il regrette la vente de certains produits banalisés, sans saveur, sans goût (in CHARCUTIERS).

DANS LA PRESSE PROFESSIONNELLE

(Aujourd’hui, Yvette Le Délas est membre d’honneur du jury du Mondial Rabelais du Saucisson).